welcome to Watts and Co

 

Notre histoire

Watts & Co est fournisseur de vêtements, tissus, ameublement et accessoires ecclésiastiques, partout dans le monde. Sa riche et longue histoire est un récit du goût raffiné, de la grandeur historique, et du style avant-gardiste.



Les Fondateurs

Watts & Co a été fondé par trois des plus importants architectes anglais du XIXème siècle, George Frederick Bodley –le plus âgé des trois-, Thomas Garner, et Georges Gilbert Scott junior, qui ont été formés par le père de ce dernier, Georges Gilbert Scott. Bodley, apprenti chez Scott, a rencontré Scott junior dans les années 1840, et Garner en 1868. Ils se sont associés pour fonder Watts, une entreprise de design pour laquelle ils ont travaillé, dirigeant en parallèle plus de 100 projets en plus de 3 décennies.

Bodley a préparé la voie à une seconde génération d’architectes néo-gothiques passionnés, désirant développer les formes et le vocabulaire d’un gothique tardif raffiné et éloquent.

George Frederick Bodley, c.1900 (RIBA)

Fig. 1 - George Frederick Bodley, c.1900 (RIBA)

Parmi ses œuvres les plus belles on peut admirer le Quadrangle de St Swithun à l’Université Magdalen, à Oxford [Fig.3], Holy Angels, Hoar Cross [Fig.3], et –en collaboration avec son élève Henri Vaughan-, la Cathédrale Nationale Washington [Fig.4].

Bodley a remporté la médaille d’or du Royal Institute of Architecture (RIBA), et a été nommé docteur honoris causa de l’Université d’Oxford en 1907. Son seul livre, sobrement intitulé Poèmes, a été publié en 1900

Fig. 2 – St Swithun’s Quadrangle, Magdalen College, Oxford, 1879-1884

Fig. 2 – St Swithun’s Quadrangle, Magdalen College, Oxford, 1879-1884

Fig. 3 – Holy Angels, Hoar Cross, Staffordshire, 1976-88

Fig. 3 – Holy Angels, Hoar Cross, Staffordshire, 1976-88

Fig. 4 – Detail of Plans for Washington National Cathedral, 1907 (Washington National Cathedral Archives)

Fig. 4 – Detail of Plans for Washington National Cathedral, 1907 (Washington National Cathedral Archives)

De Thomas Garner, on sait peu de choses, si ce n’est sa passion pour l’art Gothique et son talent de dessinateur, qui ont fait de lui un associé précieux pour Bodley.

La seule photographie connue de Garner a été prise devant ce qui fut, pour lui et pour Bodley, leur première grosse commande publique, les bureaux du London School Board, sur la digue Victoria [Fig.5].

Fig. 5 – London School Board Offices, c.1875?; Fig. 5a, Detail of same showing figures in foreground. The man on the left is very probably Thomas Garner

Fig. 5 – London School Board Offices, c.1875

Fig. 5 – London School Board Offices, c.1875?; Fig. 5a, Detail of same showing figures in foreground. The man on the left is very probably Thomas Garner

Fig. 5a, Detail of same showing figures in foreground. The man on the left is very probably Thomas Garner

Bien que l’entreprise soit mieux connue pour ses produits ecclésiastiques, il semble que ce bâtiment ait été à l’origine de la fondation de Watts & Compagnie. Les deux architectes ont en effet voulu associer, à l’architecture de style Queen Anne, érudite et en vogue, des éléments intérieurs qui leur soient propres, et maîtriser complètement les tissus, l’ameublement, et les essayages.

Garner, comme Bodley et Scott junior, avait été séduit par le Gothique tardif, par les styles Tudor et Elisabéthain. Avant sa mort en 1906, il avait réuni un grand nombre d’images et d’informations sur les grandes maisons du 16ème siècle, qui ont été publiées en 1911 à titre posthume avec des commentaires d’Arthur Stratton [Fig.6].

Fig. 6 – Fritwell Manor, Oxfordshire (Thomas Garner’s home, as illustrated in The Domestic Architecture of England During the Tudor Period, 1911)

Fig. 6 – Fritwell Manor, Oxfordshire (Thomas Garner’s home, as illustrated in The Domestic Architecture of England During the Tudor Period, 1911)

Georges Gilbert Scott junior est souvent appelé « Middle Scott », pour le distinguer de son père, Scott senior, et de son fils, Giles Gilbert Scott (connu pour ses cabines téléphoniques rouges, la Cathédrale anglicane de Liverpool et la Centrale électrique de Southbank) [Fig.7]. Bien que la plupart des immeubles dessinés par Scott junior aient malheureusement été détruits ou oubliés, il faut reconnaître que l’architecte, formé à Eton et à Cambridge, avait un don pour donner élasticité et grâce à ses créations, qu’elles soient architecturales ou pour Watts & Co. A propos de son style, Scott junior était clair : « Personne n’aime plus que moi l’art médiéval, mais je reconnais les mérites du très bon travail de toutes les écoles. »

Fig. 7 – George Gilbert Scott junior (National Portrait Gallery)

Fig. 7 – George Gilbert Scott junior (National Portrait Gallery)

Fig. 8 – St Agnes’, Kennington (as illustrated in The Builder, 1874)

Fig. 8 – St Agnes’, Kennington (as illustrated in The Builder, 1874)

Lié aux riches histoires du Renouveau Gothique et du Mouvement Esthétique, Watts devient vite le fournisseur de tissus et de meubles de la meilleure qualité et du goût le plus raffiné. Le style médiéval et l’art pour l’art faisant fureur à Londres, Watts & Co propose à une clientèle prestigieuse de superbes créations originales.

 D’où vient le nom de Watts ?  A la différence de Morris & Co, avec qui Watts était en compétition amicale, les fondateurs de Watts se définissaient comme des gentlemen-artistes-architectes, et ne voulaient pas être confondus avec des commerçants. Il y a deux versions de l’origine de « Watts & Co ». La première veut que les fondateurs aient fait un jeu de mots pour dire « Watts in a name ? », ce qui signifie « Qu’y a-t-il dans un nom » ? La seconde version, plus vraisemblable, veut que Bodley, Garner et Scott junior aient choisi le nom de Watts en faisant référence, de manière ironique, à leur logeur, un ecclésiastique de Hampstead qui leur louait des appartements contigus à Church Row, un quartier à la mode.

 

Les premières années.

Inspirés des formes Gothiques, de l’art de la Renaissance, et de la solidité de l’architecture Elizabethaine et Tudor, les modèles utilisés pour les tissus de Watts, aussi bien que pour leurs ferronneries, pour les broderies sur-mesure et les meubles de toutes sortes, ont trouvé immédiatement un marché à travers les commandes passées aux architectes. Jusqu’à aujourd’hui, les noms de ces tissus ont gardé la marque de leur sources d’inspiration, tels que « Gothique », « Holbein », et « Crivelli » [Fig. 9]. Dès le départ, les créations de Watts & Co ont été commercialisées, et par conséquent beaucoup utilisées par les architectes avant-gardistes et les designers à la mode.

Fig. 9 – Crivelli, Madonna and Child, 1480 (Metropolitan Museum of Art, NY)

Fig. 9 – Crivelli, Madonna and Child, 1480 (Metropolitan Museum of Art, NY)

Au début, le magasin de Watts & Co, alors situé au 30, Baker Street, mettait en avant, dans sa vitrine, des produits de toute beauté, et, en retrait, hébergeait les grands ateliers des équipes de couturières et de brodeuses.

A cette époque, J.L Davenport travaillait pour Watts ; il gérait les affaires courantes de l’entreprise, et habitait au-dessus du magasin. Souvent vêtu d’une excentrique robe violine, il a probablement inspiré Arthur Conan Doyle pour son célèbre personnage, Sherlock Holmes.

 Au 30, Baker Street, Watts avait même installé sa propre école de broderie, où les experts transmettaient les subtilités et les secrets de leur savoir-faire [Fig. 10]. Watts est devenu célèbre pour ses exceptionnelles broderies, inspirées des tissus médiévaux, pour lesquels le Renouveau Gothique marquait un intérêt tout particulier. 

Fig. 10 – Angel panel, c.1890s?, T. Garner? (Hoare Gallery, Liverpool)

Fig. 10 – Angel panel, c.1890s, T. Garner (Hoare Gallery, Liverpool)

Au Moyen Age en effet, les « Opus Anglicanum », travaux d’aiguille raffinés, étaient réputés dans toute l’Europe  et étaient très recherchés par les monarques et les hommes d’Eglise ; Watts & Co était et est encore aujourd’hui passé maître dans le maintien de cette unique et extraordinaire tradition.

 Au XIXème siècle, Watts & Co crée les premiers vêtements sacerdotaux portés depuis la Réforme à la fois à l’Abbaye de Westminster –pour le jubilée de la Reine Victoria en 1887- et à la Cathédrale St Paul, à nouveau pour la célébration du Jubilée de la Reine en 1897 [Fig. 11 & 12].

Watts & Co ne devient pas seulement le fournisseur en vêtements sacerdotaux, oriflammes, frontal d’autel, de toutes les cathédrales et les paroisses du Royaume Uni, mais aussi le décorateur d’intérieur des évêchés, du Powys Castle, de Ham House et de nombre de logements dans les Universités de Cambridge et d’Oxford.

Fig. 11 – Clergy at St Paul’s Cathedral, Queen Victoria 1897 Jubilee (St Paul’s Cathedral Library)

Fig. 11 – Clergy at St Paul’s Cathedral, Queen Victoria 1897 Jubilee (St Paul’s Cathedral Library)

Fig. 12 – Cope for the 1897 Jubilee, G. F. Bodley? (St Paul’s Cathedral)

Fig. 12 – Cope for the 1897 Jubilee, G. F. Bodley (St Paul’s Cathedral)

Les temps modernes

En 1902, Watts & Co crée de somptueux vêtements sacerdotaux pour le couronnement d’Edouard VII, et depuis lors continue de produire les tissus pour tous les couronnements. Les capes dessinées en 1953 par Keith Murray, pour le couronnement d’Elizabeth II, étaient particulièrement étonnantes, marquant une transition audacieuse entre modernité et designs traditionnels [Fig.13].

Certains des plus grands architectes d’églises du XXème siècle, y compris John Ninian Comper, Ralph Adams Cram, Walter Tapper et Stephen Dykes-Bower, ont utilisé les designs de Watts en Angleterre et en Amérique. Edwin Lutvens en a même vendu à New Delhi, pour orner les trônes de Palais du Gouverneur.

Fig. 13 – Detail of the Cope for the 1953 Coronation, Keith Murray (Westminster Abbey)

Fig. 13 – Detail of the Cope for the 1953 Coronation, Keith Murray (Westminster Abbey)

Elizabeth Hoare –petite-fille de Scott junior et arrière petite-fille de Bodley- est devenue Directrice de Watts & Co en 1951, contribuant à faire prospérer Watts & Co dans les années d’après-guerre. C’est à cette époque que Robert Maguire et Keith Murray ont décoré l’intérieur de St Paul, Bow Common.

Progressivement, l’héritage et les traditions de Watts & Co en font une entreprise incontournable pour la restauration et la conservation des plus belles et des plus délicates pièces de tissus ecclésiastiques dans le monde. Watts & Co a restauré des pièces du National Trust, du Palace de Westminster, et de nombreuses cathédrales dans toute la Grande Bretagne. Au cours du Xxème siècle, Watts & Co a aussi réuni toute une collection de tissus et de broderies de l’ère Victorienne, exposées de façon originale dans les Galeries Elizabeth Hoare, situées dans la Cathédrale Anglicane de Liverpool [Fig. 14].

Fig. 14 – Detail of Chasuble, 1882, G. F. Bodley (Hoare Gallery, Liverpool)

Fig. 14 – Detail of Chasuble, 1882, G. F. Bodley (Hoare Gallery, Liverpool)

Watts & Co aujourd’hui.

Dirigée par David Gazeley depuis 2001, Watts & Co continue de perpétuer la tradition, d’innover, et de créer pour l’Eglise. Watts est aussi fière d’être, encore aujourd’hui, une entreprise familiale, gérée par la cinquième génération descendant des fondateurs. Watts & Co est régulièrement distingué, et compte parmi ses clients actuels la Cathédrale de Westminster, le Pape, et l’Evêque de Canterbury.

L’entreprise a aussi joué un rôle très important en 2007, pour l’exposition George Frederick Bodley ; The Beauty of Holiness au V&A de la galerie du RIBA, organisée à l’occasion du centenaire de sa mort.

Le salon actuel de Watts & Co, située à Westminster, le cœur spirituel de l’Angleterre, est souvent décrit comme un lieu de ravissement, où s’accumulent des objets conçus pour être à la fois luxueux et pratiques. L’entreprise, fidèle aux objectifs de ses fondateurs, continue de créer de très beaux objets, qui font les délices d’une clientèle raffinée.